Que syrah II


mardi 16 novembre 2010

11 novembre 2010

Des canaux, des rivières, encore et encore. Presque des marais des fois puisque nous naviguons à travers des canaux d’herbes hautes d’environ trois pieds, ce qui donne l’impression que le voilier devant nous est dans le champ, littéralement. Mais dans les faits, il peut être à un mille ou deux, nous on ne voit pas l’eau, que le bateau, ça crée d’étranges illusions d’optique…

On a fait plusieurs jours dans ce genre de paysage, pour enfin arriver à Charleston. Comme nous ne voulions pas encore une fois devoir attendre la marée basse pour entrer ou sortir de la ville, nous avons opté pour une marina qui ne nous obligeait pas à passer sous le pont de l’Ashley River… Le désavantage c’est que nous étions un peu loin de la ville mais pour compenser la Cooper marina offre les services d’une navette qui t’amène « downtown » quand tu veux entre 9 et 5. Seulement pendant ces heures là parce que cette marina fait partie d’un parc fédéral et que donc, ses employés sont des fonctionnaires. On a beaucoup apprécié le personnel et l’endroit, très propre, très beau aussi.

Et puis, surprise, la sœur de Daniel, Martine et son mari Joseph sont venus nous rejoindre à Charleston. Ils arrivaient de Floride où ils ont joué au golf (les chanceux) pendant deux semaines, pour ensuite faire un dix jours en croisière dans les Caraibes… comme ils reviennent en auto, ils ont eu la gentillesse de passer du temps avec nous à visiter Charleston. Très jolie ville, belle atmosphère… La ville de Reth Butler et de Scarlett O’Hara… mais aussi de très urbains petits bars à vin, un marché en plein air, des maisons d’époque avec surtout des jardins magnifiques!, vraiment une ville agréable…

Martine et Joseph sont repartis hier matin et nous aussi… on les reverra peut-être cet hiver plus au sud…


Hier soir nous avons retrouvés nos amis de La Concha et de Nan shan pour un souper partagé sur Que Syrah…. Encore du très bon temps… En passant , les enfants Liautaud, c’est dans un de ces party que votre père a fait sa danse du poteau… (Un côté de lui que j’ignorais!)

Ah c’est dur les vacances!

Ce matin, des canaux, des rivières, la Georgie demain soir…. On pense à s’échapper par la mer si la météo le permet…


16 novembre 2010

On a pas pu échapper à la Géorgie finalement puisque tout ce temps il y avait une composante nord dans les vents ce qui n’est pas recommandé quand on entre dans le Golf Stream.. alors on l’a fait …put put put, petit train va loin… mais on commençait à en avoir notre claque….

Malgré le temps superbe qu’il faisait….

Alors… la vie étant bien faite, on est enfin arrivés en Floride, à St-Augustine.

C’est symbolique la Floride pour nous, c’est une étape importante, c’est l’antichambre du sud…. Pas encore ça, mais presque. En plus nous sommes en avance sur notre horaire, ça nous permettra une plus grande marge de manœuvre pour la fenêtre météo à attendre pour les Bahamas…

On avait aimé Charleston, on adore St-Augustine…. Ville dont l’architecture est d’influence espagnole, l’espace de quelques rues et avec un peu d’imagination, on pourrait prétendre être dans une petite ville catalane…. Le collège Flagers particulièrement, vaut le détour...

En tout cas, ils sont bien organisés pour les gens de bateaux…

La marina compte environ 70 mouillages, à 20.00$ par jour, c’est plus qu’intéressant…

Et comme en plus elle est très belle et en plein dans la vieille ville, que demander de plus?

Pour les intéressés, il y a un "Sailors exchange" sur King, magasin de matériel usagé de bateaux, on n'y a trouvé plein de bidules intéressants, dont une lampe en bronze avec une ancre pour $5!

On compte y rester jusqu’à jeudi ou vendredi..… demain la playa, s’il fait beau…. Yé!



jeudi 4 novembre 2010

4 novembre 2010


On dit que si tu ne t’échoues pas dans l’Intracostal, c’est que tu n’es pas dans l’Intracostal.

Eh bien nous nous sommes échoué, nos amis de la Concha et de Nan Shan aussi.. et on a croisé un voilier échoué toutes voiles dehors à l’entrée de l’Alligator River….

On a passé quelques jours à Elisabeth City en Caroline du Nord afin de prendre une petite pause et aussi parce que les vents ne nous étaient pas vraiment favorables. C’est une petite ville qui n’a rien de remarquable et c’est peut-être pour ça qu’ils se donnent un mal fou pour accueillir les « boaters » comme ils disent. En effet, au « Visitors Center » ils ont, par exemple, un service de navette qui nous amène au Farm Fresh, genre d’épicerie fine et qui nous ramène, tout ça gratuitement…. Ils organisent aussi un pot de bienvenue à chaque 5 voiliers qui arrivent….

Mais bon, la ville elle-même n’a rien d’excitant, donc dès qu’on a pû, nous sommes partis, soit le 29 au matin, de la marina où nous étions, la Lamb’s marina. Une marina à l’image de la Caroline du Nord, un peu crade, un peu « ptite vie ». Il y a des gens qui sont là depuis un an! Ils se sont arrêtés là, plus d’argent pour continuer, ils font de petites jobs pour survivre… tout autour il y a des maisons mobiles un peu déprimantes…. Bref, on ne s’est pas attardés plus qu’il fallait. Mais nos amis, eux, n’ont pas pu sortir avant le lendemain, ils étaient échoués, le niveau d’eau ayant baissé considérablement à cause de changement de direction du vent…il n’y a pas de marée mais lorsque le vent passe du nord au sud, le niveau d’eau de la marina descend ou monte d’un pied, nous, nous sommes sortis de justesse…

Et on était bien contents, on a fait de la belle voile, on avait des vents entre 15 et 27 nœuds, nord et nord ouest, il faisait soleil, on s’est mis Angèle Dubeau et la Piéta à tue tête, super journée…. Et les dauphins que l’on voit de plus en plus souvent…

Ensuite nous sommes arrivés dans l’Alligator River, paysage un peu désolé….

Le lendemain, ancrés dans Goose Creek, nous repartons un peu trop vite… ll fait un gros soleil aveuglant, il fait froid, le GPS n’est pas prêt, il manque de précision, les satellites qui l’alimentent ne sont pas tous placés… bref, Daniel passe sa bouée verte à tribord au lieu d’à babord, et bang, on s’échoue! Rien à faire, on ne bouge plus. Nous sommes en dehors du canal, un gros bateau à moteur s’en vient mais ne veut pas s’arrêter pour nous aider parce que, pas très loin derrière, s’en vient une grosse barge. On les laisse donc passer et Daniel tente de faire giter le bateau à partir du dinghy.Je capote un peu parce que le gouvernail ne bouge pas. Daniel tire sur la drisse de spi, ça gite un peu mais pas suffisamment pour nous faire bouger… Il essaie donc par le nez du bateau, après deux tentatives, ça marche! On sort de là, on est dans le chenail, j’arrête autant que possible le bateau (il y a du courant), Daniel remonte sur le bateau tout en attachant le dinghy, mais il se renverse, le bateau va trop vite, nous perdons notre sac de survie, il faut retourner et le repêcher…. On s’en sort sans trop de perte, juste un câble….

Ça met du piquant mais ce n’était pas nécessaire…

Le 2 novembre, arrivés à Beaufort, nous nous sommes ancrés juste devant la rue principale, parmi un grand nombre de voiliers.

Il faut savoir que Beaufort c’est une coordonnée charnière pour tous ceux qui descendent vers le sud. C’est ici que tu décides si tu passes par la mer ou par l’Intracostal. Par exemple, on a rencontré les gens du voilier Sea Kite qui eux attendent une fenêtre météo favorable pour traverser directement vers Tortola, aux Îles Vierges. Ce qui veut dire aux alentours de 9 jours en mer. Comme il y a encore des ouragans à cette époque de l’année, ils doivent s’assurer d’une bonne fenêtre… Ils ont fait ce choix parce qu’ils ont déjà fait l’Intracostal en 2003 et n’ont pas le goût de le refaire… Et effectivement, c’est beau l’Intracostal mais c’est lent parce que tortueux.

Petite anecdote : en revenant à notre dinghy un gars nous a demandé si on accepterait de le prendre sur notre bateau jusque dans le sud, un pouceux donc… on a dit non, on a le goût de la visite, mais qu’on a choisi!

Et puis nous avons passé une soirée charmante avec l’équipage de Miralo, Serge et Francine. Ils ont un Bénéteau de 40 pieds avec cockpit central, ils l’ont désiré pendant 3 ans ce bateau avant de pouvoir l’acquérir… c’était leur rêve. En passant, le restaurant où nous sommes allés, l’Aqua, nous le recommandons fortement. Tout était délicieux et la présentation des plats, unique. On a fermé le restaurant, je crois qu’ils avaient hâte que l’on parte…

Nous avons repris la route et retrouvés les amis de la Concha et de Nan shan…. Ce matin plein de brouillard, là où nous sommes ancrés, sur un territoire de l’armée américaine. On nous indique dans notre guide qu’il arrive que l’armée bloque les bateaux parce qu’ils font des exercices de tirs d’un bord à l’autre du canal… c’est gentil de nous avertir…


jeudi 28 octobre 2010


A la demande générale: une photo de Daniel se débattant avec la fameuse branche dans la Hudson.
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mercredi 27 octobre 2010

Mercredi le 27 octobre




Lundi, 25 octobre 2010

Nous venons de passer l’écluse de Deep Creek Rock. Jamais vu autant de bateaux dans une écluse! Nous étions 14 bateaux, 3 chiens, 1 éclusier qui joue de la conche! Sans blague, le gars joue du coquillage, l’hymne américain! Trop sympatique. Il paraît que 14 bateaux à la fois c’est un record, notre éclusier prenait des photos. En plus, environ ½ mille plus loin, il y a un pont qui s’ouvre et c’est toujours Conchaman qui est là. Manque de personnel j’imagine. Le gars prend sa voiture et se dépêche d’aller ouvrir le pont pour le peloton de bateaux. Comme nous sommes restés à peu près une heure dans l’écluse, le temps d’installer tous les bateaux, on a eu le temps de parler avec nos voisins… leur bateau s’appelle Dixou, c’est un 27 pieds seulement et ils ont fait la majeure partie du voyage par la mer pour rattraper leur « retard », puisqu’ils ne sont partis que le 10 octobre…. On les admire déjà….



Nous voici donc dans le Dismal Swamp Canal en Caroline du Nord. Ce canal a été creusé en plein bois, pas très profond, il nous arrive d’avoir moins de deux pieds sous la quille, alors tous les bateaux sont à la queue leu leu.
Ce matin nous sommes partis de Norfolk, Virginie. Le mile zéro de l’intracostal commence ici, devant l’hôpital. On le suivra pendant à peu près 6 semaines, ce qui nous amènera aux alentours de West Palm Beach.



Norfolk, c’est une base navale. Ils ne plaisantent pas ici, on ne doit jamais s’approcher d’un bâtiment de la navy à moins de 100 yards. En plus il y a de grosses barges de toutes sortes de compagnies et on a vu un bateau de croisière qui est presqu’une petite ville en soi.



Quand nous sommes partis de Solomon Island, laquelle en passant est assez jolie mais dont une journée suffit pour en faire le tour, cette journée là on avait de bons vents nord-ouest encore, dans les 15-20 nœuds, donc de la belle voile, mais arrivés devant l’embouchure du Potomac, on en a eu pour 2 bonnes heures à se faire brasser dans de la vague de 4, 5 pieds. Le secret c’est de ne pas boire de vin la veille… j’ai trouvé la journée éprouvante.



Mais le lendemain, à Deltaville, on s’est bien reposés… sauf pour le petit coup d’adrénaline qu’on a eu en entrant dans Jackson Creek. Un haut fond a soulevé la coque quelques secondes mais parce qu’on faisait 5 nœuds on est passé par-dessus. Le chenail est particulièrement étroit à cet endroit, et puis on est très très près de la grève.
Hier, on a encore fait une journée presqu’exclusivement de moteur, 11 heures pour se rendre à Norfolk. Disons que je lis beaucoup, et que je bas Daniel régulièrement au scrabble.
Là, la Chesepeake est finie… l’Intracostal, ce ne sera que des canaux, des rivières quelques lacs, donc beaucoup de moteur… et le temps qui s’adoucit de plus en plus…
Nous sommes à l’épaule au milieu de deux bateaux américains, au kilomètre 28.