Que syrah II


dimanche 9 janvier 2011

9 janvier 2011

Chantal a son aise sur Que syrah

Je sais qu’on repartira d’ici un jour mais ce n’est pas encore cette semaine… Nous attendions notre pompe d’injection de la Floride, elle ne viendra jamais, le gars avec qui on faisait affaire, Marcus le pas vite… a finalement allumé ou bien il a allumé son ordinateur mais tout d’un coup il s’est aperçu d’un truc important : notre pompe est discontinuée… elle est introuvable aux Etats-Unis comme au Canada!

On a perdu 3 jours parce qu’un incompétent ne faisait pas sa job…Il faudrait, nous dit-il,la faire venir du Japon, ce qui prendrait 4 semaines….ça va pas chose? Comme personne n’est équipé sur l’île pour la réparer… on va l’envoyer au Québec, on pense être ici au moins 10 jours encore….

Alors autant vous faire un petit portrait des gens de la marina. Ils me font penser à des personnages de Clue… très typés, un peu caricaturaux même, mais on les aime tous….

D’abord il y a Bob, le propriétaire. Dans les 65 ans, n’a jamais été marié. Un British avec un fort accent malgré le fait qu’il a grandi au Canada… il est un peu sourd et quand on lui parle, il sourit doucement et tend l’oreille avec une main en cornet… il est assez low profile par ailleurs…

Ensuite Simon, le gérant. Difficile de lui donner un âge…entre 60 et 70 ans, je crois. British aussi, très grand, sec, avec de mauvaises dents. Il semble toujours bien disposé envers tout le monde mais nous avons appris, à travers les branches, qu’il a des accès de colère terribles…. Francophile, il vit avec sa femme Charlyne, 6 mois ici et d’avril à octobre, il habite une péniche en France.

Charlyne, elle semble avoir été assez olé olé dans sa jeunesse. Simon est son deuxième mari.

Le catamaran sur lequel habite Allan et le vieux bateau d'Elden

Allan. British mais selon Ron, un américain, Allan aurait un accent australien. Je suis incapable de faire la différence… parce que de toute façon je comprends à peine ce qu’il me dit. Tout un numéro celui là. Il a eu 4 femmes. Sa dernière est colombienne et il a donc aussi la nationalité colombienne. Il a fait 30 traversées transatlantiques. Il a participé à je ne sais pas combien de courses à voile. Il nous a donné son c.v. marin, sur lequel il y a une photo de lui à 45-50 ans environ (très beau gars)Il a maintenant 63 ans, il est sur un catamaran de 51 pieds, qui n’est pas à lui, il voyage avec le propriétaire lequel est reparti en Angleterre… Allan attend qu’il revienne pour retourné à son divorce en cours…

Elden. Un américain qui voyage seul sur un vieux voilier en bois de 1956 qu’il prendra tout l’hiver pour retaper ici. Il est assez vieux, courbé, habillé jusqu’au cou à 30 degrés, il parle rarement dans les 5 à 7, j’en sais donc peu sur lui, si ce n’est qu’il vit maintenant sur son bateau et retournera aux Etats-Unis cet été.

Ron. Il est sur un trawler de 58 pieds avec sa femme Karyn. Très sympatiques tous les deux. Ils ont dans les 45 ans je crois, mais déjà à la retraite. Ron était directeur d’un hôpital et pesait 25 livres de plus, il était toujours stressé. Il a hérité de ses parents il y a 5 ans et a donc décidé qu’il en avait assez de son mode de vie… Chaque soir, il fait l’appel pour le « Happy hours » en soufflant dans une conche… c’est un bon vivant, il a une « cave à vin » extraordinaire sur son bateau à 2 millions de dollars…

Karyn. Mariée avec Ron… elle a été traductrice, du finlandais vers l’anglais. Comme son chum qui avait un père avec la nationalité japonaise, Karyn a un arbre généalogique compliqué. Elle écrit pour des revues marines et se fait jusqu’à 1000$ l’article! Une fille avec un bon sens de l’humour aussi…

Jeffrey… on pourrait pas l’inventer! Bahamien, blanc, 53 ans. Il a un atelier ici à la marina, il arrive à 6 heures du matin, fume son joint et parle fort, de tout et avec tout le monde mais surtout avec Eniel, son employé, un gars d’ici. C’est une grande gueule qui raconte n’importe quoi, pas fiable mais surprenant. L’autre jour il nous a donné une douzaine de queues de langouste. Merci beaucoup!!!C’est un tripeux à qui nous louons une auto pas trop cher, mais dans laquelle on a trouvé plein de trucs de femme. J’espère juste pas tomber sur elle à un moment donné!! A l’en croire il a une femme et plein de blondes partout, et des maisons aussi, partout…. A beau mentir qui vient de loin…

Et il y a tous les autres de passage…. Cette semaine on a eu un couple parti pour un tour du monde. Ils se donnent 4 ans… je ne sais pas si leur bateau tiendra 4 ans cependant…

La semaine passée, un voilier de 47 pieds avec 3 femmes à bord. Une québécoise comme capitaine, l’air de connaître son affaire…

Et puis nous, dès demain on aura Sébastien, un des fils de Daniel et Marie Claude, sa blonde et Xavier et Emile pour une semaine…. On a hâte… ça va faire baisser la moyenne d’âge!

lundi 3 janvier 2011

3 janvier 2011

Au resto de la plage

Le beat des îles, veux veux pas, je suis obligée de le prendre puisque on est encore là!!! Après 14 jours…. Notre problème n’est toujours pas arrangé mais au moins on sait avec certitude cette fois que c’est la pompe d’injection qui fait problème.

Les amis sont venus et sont repartis. Nous sommes passés par toute la gamme des émotions avec eux. D’abord, on a cru que le mécanicien de la marina, Jeffrey, nous arrangerait facilement notre problème avec son liquide miracle qui devait nettoyer les injecteurs instantanément…. Ensuite nous avons fait venir les fameux injecteurs de Floride qui sont arrivés, in extremis, le 24 à 3 heures, heure à laquelle fermait Fedex…. Daniel les a installé, on avait tous le gros smile, pensant partir le lendemain….. non, le bon dieu (en l'occurence, notre ami Benoît)qui faisait attention à nous, en avait décidé autrement…. Premièrement ça n’a pas arrangé notre problème, mais surtout, on s’est par la suite aperçu qu’il ne faut pas seulement surveiller les graphiques des vents mais aussi ceux des vagues… et que là nous ne l’avions pas fait et on aurait été en plein cauchemar puisque qu’on aurait eu des vagues de 13 à 14 pieds...

Ensuite, ben c’était Noel, on l’a fêté avec un peu de regrets pour nos amis qui ne faisaient pas le voyage qu’ils avaient prévu….Ils sont repartis le 29…. La routine s’est lentement installée…. Il y a les Happy hours de la marina, auxquelles nous ne participons pas toujours…. Comme Michel disait, que de vieux anglais difficiles à comprendre… mais ils sont très gentils et ils veulent sincèrement nous aider.

Daniel et moi on continue à explorer l’île dans tous les sens… on a trouvé un magnifique restaurant pour fêter la nouvelle année, le Coco bistro, qui, contrairement à ce que son nom indique, ne pratique pas les prix des bistros… mais, on s’en fout, on s’est défoulé et ça été une soirée super tripante….les serveurs ici savent vous faire sentir cute, intéressants et tout et tout… mais ça coute cher!


Souper du Nouvel An au Coco Bistro...la totale!

Jeffrey, le mécano de la marina, nous a trouvé un autre mécanicien, plus spécialisé, c’est un québécois qui vit ici depuis 15 ans, Richard…. Ce matin, il a fait plein de tests pour finalement nous assurer que c’est la pompe qui fonctionne mal… On la fera venir de Floride et on se croise tout ce qu’on peut parce qu’on espère très fort partir vendredi….

En attendant, il fait beau et chaud… on a remis l’auto qu’on avait loué… on s’est remis au vélo, on va à la plage autant qu’on peut… la routine est là mais la bougeotte aussi….


Notre plage quotidienne...pardonnez nous..

jeudi 23 décembre 2010

23 décembre

Avec les amis Michel et Zohra sur Que Syrah

Toujours à Providenciales…. Et toujours dans l’attente. Daniel a passé les derniers jours à tout faire pour réparer le bateau. Comme c’est le temps des fêtes pour tout le monde, c’est un peu compliqué. Nos injecteurs ne sont toujours pas arrivés de Floride, la personne à qui nous avions parlé ayant remis le dossier à un autre…. Personne n’a l’air de mesurer l’urgence…alors on en prend notre partie et on essaie de profiter de la place. Le problème c’est qu’on a vite fait le tour de Providenciales…. Nous avons loué une voiture qu’il faut conduire à gauche de la route…. comme en Angleterre, sur des routes avec plein de ronds points, comme en France ….C’est plus facile que je pensais…. Mais en fait, il s’agit presque d’une seule route qui traverse l’île d’est en ouest. Au nord il y a la grande plage qui fait 12 miles, avec les gros hôtels de ce côté, au sud, la mer donne sur le bank, donc c’est plus calme et il n’y a là que des maisons et des villas à louer. On a cherché partout un centre ville, sur la carte, il y a un endroit désigné comme le «downtown » mais il n’y a là, qu’une station service et un centre d’achat. Désolant! Alors on fait du cerf-volant, on fait les patates sur la plage,on va aux 5 à 7 qu’organise Simon, le gérant de la marina, un British avec un joli accent…. Là, Daniel et Michel doivent aller en plongée cet après midi, on veut des langoustes parce que ce soir, on fêtera Noël avec une paella…. En espérant très fort recevoir les injecteurs demain, les installer et partir samedi, soit le 25, pour Porto Rico. Si on manque cette fenêtre météo, on est bons pour rester ici un bon moment encore puisque un autre front froid s’en vient…. En plus nous n’aurions plus nos amis pour faire la traversée, puisqu’ils doivent reprendre l’avion à Porto Rico le 31 au matin…. Ils devraient repartir d’ici.


On vous souhaite à tous de très belles fêtes de fin d’année…..

21 décembre 2010

Providenciales à Turk et Caicos…. Fini les Bahamas donc….

Vous dire comment nous nous sommes rendus ici… Nous avions 2 choix : soit on faisait 5 jours de 50 miles par jour ou alors, le choix que nous avons fait : 1 traversée de 29-30 heures puis une autre journée de 8 heures environ. C’était une grosse affaire pour moi de choisir cette option… 29 heures, ça veut dire une journée, une soirée, une nuit et une autre demie journée…. Ça s’est bien passé, je trouve… on avait un vent arrière jusqu’au matin de la deuxième journée, donc je n’étais pas malade, mais ensuite le vent a tourné, on avait le vent dans le nez, ce qui veut dire du clapot et un bateau qui valse….Mais bon, de l’inconfort mais on avait que quelques heures à se taper… Finalement nous voilà enfin arrivés à Mayaguana… oubliez le repos parce que n’avons aucune protection, nous sommes presqu’en pleine mer encore, tout ce que nous avons pour nous protéger, c’est une barrière de corail, ce qui veut dire que tu ne peux pas descendre, mais en plus il faisait 20 nœuds de vent , donc nous n’avons pas dormi de la nuit, notre deuxième nuit sans dormir … Ensuite, au matin, on repart… le moteur a des ratés, il n’a pas de puissance… un peu de panique ici,,,, on est au milieu de nowhere, en pleine mer…. Au secours!!! Mais une fois qu’on a mis les voiles, le moteur a moins forcé, il a repris de la force…

Nous sommes au près… une journée d’enfer … le nez dans le vent, incapables de se diriger vers Providenciales… le vent nous amène vraiment loin de notre cap… On décide donc de le changer… Direction West Caicos….. On y arrive en fin de journée… un endroit désolé, abandonné, déprimé et même un peu menaçant… Pour la première fois, on met notre système d’alarme en marche… Autour de nous, une marina à l’abandon, et un port commercial à l’abandon. Des portes qui grincent, des fils qui claquent… Deux autos qui viennent faire un tour… mais rien n’arrive, on a juste trop d’imagination… Le lendemain, on repart…. Mais cette fois c’est la vraie catastrophe… plus de puissance avec le moteur (on apprendra plus tard qu’il s’agit d’un problème avec les injecteurs) et une patte de support du moteur cassée. Daniel rafistole la patte…. Mais il faut mettre les voiles et faire des tacs pour faire les 10 miles qui nous séparent de Providenciales… ça nous prendra 5 heures pour les faire….

Une fois arrivés, nous nous sommes ancrés à Sapodilla Bay et on a encore une fois passé une nuit très désagréable à se faire brasser…. Cette fois, je pète ma coche…. Trop tannée…. Je n’en peux plus…. Mais heureusement et double youppi….. nos amis arrivent enfin! Michel et Zohra… On est tellement contents de les voir…. Ils doivent faire la traversée avec nous jusqu’à Porto Rico…Mais la priorité, bien évidemment est de réparer le bateau alors, c’est là qu’on en est…. On magazine les injecteurs, on a mis le mécanicien de la marina où nous nous sommes réfugiés à contribution, mais avant tout ça…. Moi j’avais tellement besoin d’un break de brassage, que j’ai demandé à Zohra de prendre une chambre d’hôtel avec moi…. Les gars eux autres, ont couché au bateau, et l’ont ramené le lendemain à la marina… Nous, les filles, on s’est payé la traite, yes madame c’était génial…. Et là ben, on attend tous ensemble les injecteurs qui viendront de Floride, notre patte réparée, notre système Syrius arrivé avec les amis, et puis notre fenêtre idéale pour partir….. Ce sera notre cadeau de Noel….s.v.p. père Noel