Que syrah II


lundi 6 décembre 2010

6 décembre 2010

La lecon de conque 101


Le soleil se lève au matin de la traversée

Nous avons fait la traversée vers les Berry’s à quatre bateaux et pratiquement qu’à voile… mais j’ai quand même encore le mal de mer. Sinon, tout s’est bien passé, onze heures de navigation pour arriver à Grand Styrup cay, que Guy de Gusto del mar nous avait recommandé.L’endroit, bien qu’isolé, n’a rien d’exceptionnel… on s’attendait à de belles plages désertes, elles étaient toutes petites… on a quand même fait un peu de plongée en apnée. Gusto del Mar a trouvé 7 conches et nous a montré comment les sortir de leur coquille. Exercice délicat et précis. On les a cuisiné le soir. On retient surtout qu’il faut briser la fibre afin qu’ils soient plus tendres. Ensuite on les cuit dans l’huile. Résultat : meilleurs qu’au resto…

Après deux jours, nous sommes repartis, seuls, vers Nassau. Cette fois Sylvie de Dixou m’avait donné de la Bonamine… je n’ai pas été malade mais il faut dire que la mer était calme… presque pas de vagues… et presque pas de vent. On a fait du moteur.



Chantal au milieu de l'aquarium de Paradise island

A Nassau, nous sommes allés à l’incontournable Paradise Island, pour l’aquarium surtout, qui est extraordinaire. Des requins au sourire sadique, d’affreuses murènes, de cute cute hypocampes, des raies ondulantes, des méduses qu’on dirait en dentelle, des poissons en gang à l’air bête, d’autres, tout mignons et colorés. Dessus, dessous ou à côté de nous… et puis les tortues, naturellement dans la partie la plus zen du site… Parce que c’est un hôtel, un casino aussi, et de fausses plages, des piscines, des grottes……. L’aménagement est plutôt pompeux mais on a pas boudé notre plaisir, on y a passé que 2 heures pour 80.00$, mais ça valait la dépense…

D’ailleurs ça nous a réconcilié avec la journée qui avait mal commencée. Daniel a soit perdu son portefeuille, soit il se l’est fait volé… parce qu’on a retourné le bateau dans tous les sens, il a disparu. On s’occupe de ça aujourd’hui… on repartira demain, probablement en même temps que nos voisins d’ancrage, le bateau Bleu Marie 2 (quel beau nom!). Ils nous ont invité hier pour un 5 à 7… belle rencontre. Depuis 3 ans, ils vivent sur leur bateau, un Bénéteau de 49 pieds, le cockpit à lui seul me fait envie… Ils ont un site très suivi paraît-il à bleumarie.ca….

Nous partons pour Allan Cay, il fait beau… dans les 25 degrés


Mme la murène pour nous faire peur

lundi 29 novembre 2010

29 novembre 2010


Aie aie aie… On s’habitue vite au sud… Port Lucaya ça a beau avoir été créé de toute pièce pour les touristes, on apprécie la plage, la chaleur et la gentillesse des Bahamiens… On s’est payé deux jours dans une marina située directement sur la place centrale du village… c’est chouette on s’imprègne, il fait beau et chaud et puis une grosse pluie, et il fait beau de nouveau… Assez cher cependant, et tout ce que les gens de bateau ont besoin, épicerie, buanderie, etc est assez loin. On devra pourtant se ravitailler parce qu’on doit rester ici jusqu’à jeudi où probablement on aura une ouverture météo pour partir vers les Berry’s Island….

Aujourd’hui retour à l’ancrage avec nos nouveaux amis Dixou, Gusto del Mar et Le Mousse IV.

Dixou, détenteur de time sharing ici à Port Lucaya mais seulement pour les années impaires, est allé têter le droit de se servir de leur piscine privée pendant qu’ils sont ici, et youppi on est invités à en profiter, ce qu’on fera assurément dans les jours qui suivent… à travers le lavage, l’épicerie et toutes les petits ajustements qu’un bateau demande constamment.



Enfin on relaxe !

Nos voisins et amis d'en arrière !



Hé ! baby sur la playa

28 novembre 2010

Ca y est on part, Y'était temps !

La traversée vers les Bahamas

Le départ avait d’abord été prévu dans la nuit du jeudi au vendredi à 2 heures du matin. L’idée c’était d’arriver en fin d’après-midi le lendemain, donc à la clarté. Parce que c’est pas évident d’entrer dans un port la nuit. On a beau avoir un GPS map, le voir pour de vrai, c’est toujours mieux. Et puis on partait en même temps qu’un autre bateau, Dixou. Eux aussi, Denis et Sylvie, étaient d’accord pour cette fenêtre. Sauf qu’a 2 heures du matin, le vent, contrairement aux prévisions, soufflait vraiment trop. On se disait s’il souffle autant ici, imagine en mer! On parle avec Dixou… tout le monde se recouche, départ prévu, 6 h du matin. Mais à 6 heures, même scénario. On consulte notre ami Benoît, qui est notre router personnel, grand merci en passant, Dixou consulte le réseau du capitaine… prochain départ, 2 heures de l’après-midi. On arrive pas à se reposer vraiment, on se prépare. Les harnais, les sacs de survie, le dinghy en avant du bateau. Ca y est, on est partis…

Je dois dire qu’au début, tout allait bien pour moi. Daniel, lui, était un peu nerveux mais au bout d’une heure, il se sentait en contrôle. Assez rapidement, on a fermé le moteur et on faisait de la belle voile avec des vents de 15 nœuds et une allure de travers.

Mais moi j’ai commencé à me sentir nauséeuse et de plus en plus inconfortable.Je respirais beaucoup pour me calmer, mais je crois que c’est ça qui a provoqué ma petite crise d’hyperventilation. Mes bras et mes mains sont devenus tout engourdis et ils picotaient très fort. J’ai eu une minute de panique, très très pas le fun… Mais ensuite, avec l’aide de Daniel, je me suis calmée et je me suis aperçue que quand j’étais étendue ou presqu’étendue, ça allait… Alors le peu que j’ai barré, c’est presque couchée. Le ciel était magnifique, faut dire. Et le plancton, phosphorescent sur les vagues, magique. J’aurais aimé me détendre plus pour apprécier mieux toute cette beauté.

Sylvie sur Dixou, a passé une partie de la nuit couchée à l’intérieur, très malade. C’est qu’ils ont eu un problème d’infiltration d’eau et que quand elle a voulu aider à éponger, son malaise a commencé et ne l’a plus lâché. Ils ont un bateau de 28 pieds seulement, ils sont donc beaucoup plus proche de l’eau que nous, ils ont toute mon admiration.

Nous sommes arrivés à Port Lucaya un peu trop tôt, le soleil n’était pas levé. On a tourné en rond un peu pour l’attendre et ainsi bien voir l’étroit canal qui menait à la petite baie où nous nous sommes ancrés… Beaucoup de fatigue alors… mais la satisfaction d’être enfin là, aux Bahamas..

vendredi 26 novembre 2010

Bilan du capitaine

Première étape:

Nous voici arrives à Palm Beach d’où nous traverserons le Golf Stream pour Port Lucaya aux Bahamas. C’est ici que nous couperons le cordon avec l’Amérique et nos compagnons et amis de voyage, La Concha et Nan Shan. Merci à vous, nous nous sommes toujours sentis épaulés tout au long de notre parcours commun. Merci à Olivier, Véronique, Yves et Francine. Coucou à Laurick, qui nous manquera.

Partis le 20 septembre 2010… Deux mois plus tard, 1700 milles et 315 heures de moteur, voici un bilan de nos expériences acquises lors de nos aventures.

La partie comprise entre la marina Gosselin et New York que je croyais la plus facile puisque je l’ai parcourue plus de 8 fois avant sans soucis, a été, cette fois-ci, la plus pénible du voyage.

Plusieurs surprises désagréables nous ont secoué, dont un départ reporté par une pompe d’alimentation diesel du moteur. Puis le lendemain du départ, nous sommes à Valcourt et la météo nous annonce des vents 20-25 nœuds en fin d’après-midi. Nous partons vers 9 heures par un matin calme pour faire quelques heures avant que le vent soit trop fort. A la hauteur de Schuyler Island, le vent a pris de la force et nous sommes déjà dans 2 pieds de vagues. Nous avançons de plus en plus péniblement et le support avant du mât bouge de plus en plus. Je me dirige donc vers Quaker Smith Nord pour que le bateau demeure face aux vagues et reste stable pour éviter le roulis. Mais lorsque je ne suis plus partiellement protégé des vagues par les Four Brothers Islands, la vague monte à 3 pieds et le vent a encore forci. Je décide d’aller installer des haubans supplémentaires sur le support avant pendant que Chantal maintient le bateau face au vent pour éviter la gîte fatale.

Mais pendant que j’installe les haubans, elle décide de réduire la vitesse pensant que le bateau taperait moins fort pour m’aider à stabiliser le support. Malheureusement en diminuant la vitesse le vent a poussé le nez du bateau vers tribord en accentuant la gîte. J’ai cru un moment que le mât partirait puisque le support se soulève de 3, 4 pouces du pont. Je lui fais signe de donner du gaz et de reprendre son cap, ce qu’elle fit assez rapidement pour reprendre de la stabilité et que je puisse terminer d’installer les haubans. En reprenant la barre, j’entends un crissement de métal qui augmente à mesure qu’on avance. Il nous reste au moins une heure à 4 nœuds pour se rendre à Quaker Smith. Ce sera l’heure la plus longue du voyage!! Le support avant valse toujours un peu à la moindre gite et le crissement de métal que je ne peux identifier clairement lorsque j’ouvre le compartiment moteur mais qu’on entend très bien dans la chambre arrière, me fait croire que le bruit vient de la transmission. Le stress est à son max! Si on perd le moteur , le bateau partira à la dérive et la gîte provoquée par les vagues de 3-4 pieds emportera le mât dans 200 pieds d’eau et notre voyage s’arrêtera définitivement. Finalement on réussit à se rendre à Quaker Smith. J’arrête le moteur et le repart quelques heures plus tard après avoir décompressé un peu. Et voilà l’alternateur crie à tout cassé. Un roulement est défectueux et impossi ble de déplacer le bateau. Nous passerons 12 heures à se faire rouler par la vague avec des craquements de support de mât qui nous glacent à chaque fois que le bateau se fait rouler par une plus grosse vague. Comme on est près de la Shelburne Boatyard, le lendemain, on s’y rendra pour faire réparer l’alternateur.

Malgré le fait qu’à New York, on se soit fait brasser par des vents de 40-60 nœuds et que nous ayons chassé 2 fois, dont une en pleine nuit, rien n’a été aussi difficile que l’épisode du lac Champlain. Tous les petits pépins que nous avons eus, que ce soit par rapport au bateau ou à la navigation, me semblent tellement normaux par rapport à cet évènement.

Le plus beau dans tout cela, c’est que depuis New York, le beau temps s’est mis de la partie et nous avons bénificié d’une très grande et très belle fenêtre météo avec tout au plus 3 jours de pluie pour se rendre à Palm Beach. Soleil et ciel bleu, levers et couchers de soleil magnifiques, faune aquatique riche, pélicans et dauphins nous accompagnent à tous les jours depuis la Caroline. Et maintenant les Bahamas sont presque à nous.

Le Capitaine.